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Le premier orgue
Le projet
La commande
La construction
1881 : l’inauguration
De 1881 à 2004
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Introduction
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La tuyauterie
La soufflerie
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Dalstein & Hærpfer
Un patrimoine impressionnant

Composition

L’été de l’Orgue 2014

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La tuyauterie


Tous les jeux de fonds, que ce soit en métal ou en bois, ont été confectionnés dans les ateliers de Dalstein-
Hærpfer à Boulay. Ils sont caractéristiques de la manière de cette manufacture autour de 1880, avec aplatissages en ogive et plus en plein cintre comme durant la période autour de 1870. Mais alors que les tuyaux en métal de Dalstein-Hærpfer sont ordinairement marqués à la pointe sèche, tant pour l’indication du jeu que pour celle de la note, ici la plupart des notes sont poinçonnées (C CS D DS E F FS G GS A B H), au moins sur le corps sinon à la base des pieds, de même que l’indication du clavier (I M, ou II M , ou III M, pour “erstes Manual”, etc.), voire certaines indications de jeux (“D 2” pour les deux Doublettes). Mais la plupart des tuyaux conservent l’indication complète du nom du jeu gravée à la pointe sèche sur tous les tuyaux de métal, ainsi que parfois la note à la base du pied. Après ce chantier, la manufacture de Boulay n’utilisera plus ces poinçons, qui ne reprendront du service qu’après 1920, chez Frédéric Hærpfer. Les tuyaux de métal ont des pieds de 195 mm de hauteur. Les entailles de timbre sont conformes aux habitudes de Dalstein-Hærpfer, avec une surlongueur de 2/3 de Ø, une largeur de 1/3 de Ø et une hauteur d’environ 1 Ø.

Beaucoup d’entailles semblent un peu plus ouvertes qu’à l’origine, étant souvent ouvertes un peu de travers. Les oreilles sont en plomb, donc beaucoup sont oxydées, recouvertes de poudre blanche d’oxyde de plomb. Les principaux et les gambes ont des bouches droites, les Flûtes, le Salicional et les rangs de quinte de la Fourniture ont des bouches arquées, comme toujours dans la facture de Dalstein-Hærpfer et plus généralement de l’école de Walcker.

Les tuyaux de bois sont conformes en tous points aux habitudes de la manufacture. Ils sont recouverts de la même peinture brune que l’on trouve sur les deux boîtes expressives. Les tuyaux bouchés ont un cordon de toile collée au sommet, pour éviter qu’ils ne se fendent ou se décollent.

Quant aux jeux d’anches, ils ont tous été commandés, à la demande du conseil de fabrique, chez le tuyautier parisien Henri Zimmermann, bien que les tailles aient manifestement été déterminées par Charles Hærpfer. Tous les premiers tuyaux de chaque jeu portent – ou portaient – une petite étiquette de couleur collée sur le métal et comportant les indications suivantes :

Tuyaux d’orgues
les plus hautes récompenses
aux expositions universelles
Paris
Henri Zimmermann
196 rue Saint-Dominique 196

Ces tuyaux sont de belle facture, à l’exception des noyaux anglais, dont le plomb semble avoir été fondu dans du métal de récupération : la plupart de ces noyaux sont oxydés, certains ont gonflé au point d’avoir fait éclater les pieds. Tous les jeux de la famille des Trompettes sont dépourvus d’entailles de timbre.

Dans le détail, la tuyauterie se présente de la manière suivante :

I. Grand-orgue :

Montre 16
C-ds’ postés en façade, directement alimentés par le sommier. Tuyaux en étain, avec entailles de timbre, sans oreilles. e’-g’’’ sur le sommier, en étain, avec entailles de timbre. Marques “Montre 16”, pas de décalage.


Bourdon 16
C-f’ en sapin, bouchés. C-H postés, dont 2 tuyaux à l’étage inférieur, avec postages en zinc, c-f’ sur le sommier. Bouches arquées. fs’-g’’’ en étoffe, bouchés avec calottes mobiles. Bouches arquées. Marques “Bourdon 16” sur le corps, poinçons “16” sur le pied.

Montre 8
C-ds postés en façade, en étain, avec entailles de timbre, sans oreilles. e-g’’’ sur le sommier, en étain, avec entailles de timbre. Marques “Montre 8”. Les poinçons d’origine ont été barrés et remplacés par des marques à la pointe sèche, une tierce majeure plus haut : le tuyau e’ est ainsi poinçonné C et marqué e’. Mais cela semble plus être la correction d’une erreur que la volonté de décaler la tuyauterie pour la grossir, car ces tuyaux ont une taille tout à fait standard pour une Montre de Dalstein-Hærpfer.

Le décalage (notes poinçonnées et manuscrites) est d’origine : erreur de poinçons car le biseau est bien marqué (comme la note manuscrite sur le corps).

Bourdon 8
C-H en sapin, bouchés, sur le sommier, avec bouches arquées. c-g’’’ en étoffe, avec calottes mobiles, c-h’ bouchés et c’’-g’’’ à cheminées. Marques “Bourdon 8” et poinçons “1”.

Flûte 8
C-g’’’ en bois, ouverts. C posté, Cs-g’’’ sur le sommier. C-f’’ en sapin, fs’’-g’’’ en poirier. C-fs avec entailles de timbre et glissières d’accord, g-g’’’ avec languettes d’accord en métal. g-g’’’ à doubles-bouches. Bouches arquées.

Viole de Gambe 8
C-g’’’ en étain, avec entailles de timbre. C-c’’’ avec bavettes, cs’’’- g’’’ avec
oreilles. Marques “Gamba 8” et poinçons “1 M”. G5 manquant refait à neuf. Marquée « Gamba 8 » de C1 à B1 et « Gambe 8 » à partir de C2. Avant les étriers il y avait des freins harmoniques (dessoudés puis limés). Etriers de C1 à B4 Oreilles à partir de C5.

Prestant 4
C-g’’’ en étain, sur le sommier, C-c’’’ avec entailles de timbre, cs’’’- g’’’ coupés au ton. C-F avec oreilles. Marques “Prestant 4”. Pas de décalage. C1 à F1 aplatissage ogival, lèvres rapportées, oreilles. C1 à C5 entailles de timbre. F#1 à G5 sans oreilles. Même alliage pied et corps.

Flûte octaviante 4
C-g’’’ en étain, marqués “Flûte octaviante”. Bouches arquées. C-h non octaviants, avec entailles de timbre et oreilles. c’-g’’’ octaviants, avec deux trous latéraux, c’-g’’ avec entailles de timbre, gs’’g’’’ coupés au ton. c’-g’’ avec oreilles. Etain pied et corps. C1 à F1 lèvres rapportées, aplatissage ogival. C3 à G5 harmoniques. G#4 à G5 au ton . Oreilles C1 à G4. Bouches arquées.

Quinte 2 2/3
C-g’’’ en étain, sur le sommier. Marques “Quint” et poinçons “I M”. C-h avec
entailles de timbre, c’-g’’’ coupés au ton. Taille principalisante mais bouches arquées.

Doublette 2
C-g’’’ en étain, sur le sommier. Poinçons “D 2”. C-fs avec entailles de timbre, gg’’’ coupés au ton. Pas d’oreilles. Dès l’origine, le facteur a ajouté un deuxième tuyau fs, pour décaler les suivants : le tuyau g est poinçonné FS, le tuyau gs G, etc.

Grand Cornet 5 rgs
c’-g’’’, tuyaux postés sur une pièce gravée en chêne, avec postages en zinc, sans soudure. Tuyaux en étoffe. Rang de 8’ à cheminées, avec calottes mobiles. Autres rangs ouverts, coupés au ton sauf c’-f’’du rang de 4’ et c’-b’ du rang de 2 2/3 avec entailles de timbre. Bouches arquées pour les rangs de 8’, 2 2/3 et 1 3/5, bouches droites pour les rangs de 4’ et 2’. Le tuyau g’’’ a perdu sa cheminée.

Plein-Jeu 5 rgs
Tuyaux en étain, avec entailles de timbre jusqu’au 2/3 puis coupés au ton. Le rang grave est décalé d’un ton, dès l’origine. Les bouches sont droites pour les rangs d’octave et arquées pour les rangs de quinte. Poinçons “MIX”.

Composition restée d’origine :
|C |c | c’ | c’’ | c’’’|
|2 |2 2/3 | 4 |5 1/3 |8|
|1 1/3 | 2 | 2 2/3 | 4 | 5 1/3|
|1 |1 1/3 | 2 |2 2/3 | 4|
|2/3 | 1 | 1 1/3| 2 | 2 2/3|
|1/2 | 2/3 | 1 |1 1/3 | 2|

Basson 16
C-g’’’ avec pavillons en étain, de longueur réelle, dont C-ds traversent le plancher d’accord du deuxième étage et e-g sont coudés sous ce même plancher. Poinçons “B16”. D’anciennes entailles de timbre, assez longues, ont été ressoudées et remplacées par de nouvelles entailles de timbre, plus petites. C poinçonné “BASSON 16 P. 56 N. C”. Noyaux anglais. Rigoles à larmes, rasettes et languettes anciennes.

Trompette 8
C-g’’’ avec pavillons en étain, sans entailles de timbre. C-E siphonnés et F-G coudés sous le plancher d’accord du deuxième étage. Poinçons “T 1”. C poinçonné “CLAIRON 4 P. 56 N. C”. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, languettes et rasettes d’origine.

Clairon 4
C-g’’’ avec pavillons en étain, dont fs’’-g’’’ harmoniques. Pas d’entailles de timbre. C poinçonné “CLAIRON 4 P. 56 N. C”, autres tuyaux poinçonnés C ou CR pour fs’’-g’’’.

II. Positif expressif :

Principal 8
C-g’’’ en étain, sur le sommier, avec entailles de timbre. Pas d’oreilles. Marques “Principal”.

Flûte amabile 8
En fait plutôt Flûte bouchée, pour suivre la terminologie de Dalstein-Hærpfer. C-f’’ en bois peint, en sapin puis en poirier, bouchés, avec doubles-bouches à partir de g. Bouches arquées. fs’’-g’’’ en étoffe, ouverts mais fortement fraisés au sommet, coupés au ton, avec oreilles. Marques “Flûte bouchée”.

Cor des Alpes 8
= Gemshorn 8. C-g’’’ en étain, coniques, avec entailles de timbre. C-gs’’ avec oreilles. Bouches étroites et droites. Marques “Cor des Alpes”.

Salicional 8
C-g’’’ en étain, avec entailles de timbre et étriers (Kastenbärte). C-H avec écussons rapportés. Bouches arquées. Marques “Salicional”, poinçons des notes et “2 M”.

Eolienne 8
C-g’’’ en étain, de taille très fine. Entailles de timbre, très longues pour C-H (4 Ø), normales pour c-g’’’. C-g’’ avec bavettes, gs’’-g’’’avec oreilles. Marques “Eolienne” et poinçons “2 M”. Les tuyaux ds’’’ et e’’’ sont étrangers à ce jeu : ils sont bien de Dalstein- Hærpfer mais sont de taille plus grosse et sont marqués “Gamba”, avec de petites oreilles découpées dans la bouche. Avant les étriers il y avait des freins harmoniques (dessoudés puis limés).

Flûte douce 4
C-c’’ bouchés, en étoffe, avec calottes mobiles. Bouches arquées. cs’’-g’’’ coniques, en étoffe, coupés au ton, sans oreilles. Pas de marques à la pointe sèche, mais poinçons, indiquant un décalage d’un demi-ton, d’origine : cs’’ poinçonné “D”. Bouches arquées. Aplatissage ogival. C1-C4 bouchés, oreilles. C5-G5 coniques, notes décalées D5 à G5.

Dulciana 4
C-g’’’ en étain, légèrement coniques évasés. C-c’’ avec entailles de timbre, cs’’-g’’’ coupés au ton. C-f’’ avec étriers. Bouches arquées. Marques “Dulc. 4”. Etain pied et corps. Jeu conique évasé (gros Ø en haut). Bouches arquées. Aplatissage ogival. C1 à C4 à entailles de timbre, C#4 à G5 au ton. Etrier remplacé par frein harmonique sur C1. Etriers C#1 à F4.

Doublette 2
Ce jeu est à son emplacement d’origine, bien qu’il soit placé après les jeux d’anches et que le faux-sommier soit percé pour un jeu d’anches pour les 30 premières notes et garni de feutre. C-g’’’ en étain, C-f avec entailles de timbre, fsg’’’ coupés au ton, mais avec beaucoup de tuyaux pincés. Poinçons “D 2”, pas de décalage. Etain pied et corps. C1-F2 à entailles de timbre. F#2-G5 au ton. Pas d’oreilles. Aplatissage ogival. Aigus rallongés.

Trompette 8
C-g’’’ avec pavillons en étain, sans entailles de timbre. C poinçonné “TROMPETTE 8 P. 56 N. C”, suivants poinçonnés “T”. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, rasettes et languettes d’origine.

Clarinette 8
C-g’’ à anches libres, avec corps cylindriques en étain, percés d’un trou circulaire latéral, à mi-hauteur. Ces tuyaux, poinçonnés “C”, ont été décalés d’un ton 1/2 : c poinçonné D# et faux-sommier initialement percé pour des tuyaux non décalés et garni de feutre. Noyaux anglais. Pieds de longueur variable à partir de H. gs’’-g’’’ à bouches, en étain, avec entailles de timbre, gs’’-cs’’’ avec bavettes. Tous les tuyaux sont de Dalstein-Hærpfer, homogènes, marqués “Gamba”, non décalés, mais le faux-sommier a été replaqué dès l’origine, ce qui montre que le facteur a peiné pour l’harmonie de ce jeu et qu’il décalé et complété de tuyaux de fonds. Mais on peut noter la très belle harmonie de ce jeu à anches libres, qui attaque remarquablement bien et se mélange très bien aux jeux de fonds.

III. Récit expressif :

Quintaton 16
C-h en sapin, bouchés, C-Ds postés en dehors de la boîte expressive et E-h sur le sommier. Bouches droites. c’-g’’’ en étoffe, bouchés, avec calottes mobiles. Oreilles en plomb, oxydées. Marques “Quintaton 16”, poinçons “Q” sur les calottes. Bouches droites.

Diapason 8
C-g’’’ en étain, sur le sommier, dont C sortant de la boîte expressive par un trou dans le plafond. Entailles de timbre. C-h’ avec oreilles. C-H avec écussons rapportés. Marques “Diapason 8”.

Bourdon 8
C-H en sapin, bouchés, sur le sommier, avec bouches arquées. c-g’’’ en étoffe, avec calottes mobiles, c-h’ bouchés et c’’-g’’’ à cheminées. Oreilles en plomb, oxydées. Marques “Bourdon 8”. Bouches arquées.

Flûte harmonique 8
C-H en sapin, ouverts, postés à l’extérieur de la boîte expressive, contre les parois latérales. Entailles de timbre et glissières d’accord. Bouches arquées avec freins en métal. c-g’’’ en étain, dont f’-g’’’ harmoniques, avec deux trous latéraux. Entailles de timbre et oreilles. Bouches arquées et assez basses. Marques “Flute harmonique”.

Voix céleste 8
c-g’’’ en étain, avec entailles de timbre. c-f’’ avec bavettes, fs’’-g’’’ avec oreilles. Marques “Voix céleste”.

Flûte octaviante 4
C-g’’’ en étain, marqués “Flute oct. 4”. Bouches arquées. C-h non octaviants, avec entailles de timbre et oreilles. c’-g’’’ octaviants, c-g’’ avec encoches d’accord et gs’’-g’’’ coupés au ton. Bouches arquées.

Octavin 2
C-g’’’ en étain, marqués “Octavin”. Bouches droites. C-f’’ non octaviants, C-c’’ avec entailles de timbre et cs’’-f’’ coupés au ton. fs’’-g’’’ octaviants, avec deux trous latéraux, coupés au ton.

Basson 8-16
C-g’’’ avec pavillons en étain, dont C-H en 8’ et c-g’’’ en 16’. Le pavillon du C est coudé. Comme pour le Basson 16 du grand-orgue, des entailles de timbre assez allongées ont été ressoudées et remplacées par des entailles de timbre plus petites. Poinçons “B 1”. Noyaux anglais. Rigoles à larmes, languettes et rasettes d’origine.

Trompette harmonique 8
C-g’’’ avec pavillons en étain, dont C coudé et fs’’-g’’’ harmoniques. Pas d’entailles de timbre. Poinçons “T H” et “T H R” pour fs’’- g’’’. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, languettes et rasettes d’origine.

Basson-Hautbois 8
C-h Basson : pavillons en étain, avec entailles de timbre, noyaux anglais, rigoles à larmes, languettes et rasettes d’origine. C poinçonné “BASSON 8 P. 56 N. C”. c’-g’’’ Hautbois : pavillons en étain, avec entailles de timbre, noyaux anglais, rigoles Bertounèche, languettes et rasettes d’origine. c’ poinçonné “HAUTBOIS 32 N. C”.

Voix humaine 8
C-g’’’ avec corps en étain, avec calottes soudées et opercules. C poinçonné “VOIX HUMAINE 8 P. 56 N. C”. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, rasettes et languettes d’origine. e-g’’’ avec pieds de hauteur variable. Le tuyau fs’’’ a disparu.

Clairon 4
C-g’’’ en étain, dont fs’’-g’’’ harmoniques. Pas d’entailles de timbre. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, rasettes et languettes d’origine. C poinçonné “CLAIRON 4 P. 56 N. C”, autres tuyaux poinçonnés “C” et “C R” pour fs’’-g’’’.

Pédale :

Contrebasse 16
C-f’ en sapin, ouverts, avec entailles de timbre et glissières d’accord. Bouches droites et freins en métal.

Soubasse 16
C-f’ en sapin, bouchés, avec bouches arquées.

Quinte 10 2/3
C-f’ en sapin, bouchés, avec bouches arquées. C-d avec pieds plus hauts, pour dégager les bouches de la Contrebasse 16, et ds-f’ postés en hauteur sur une pièce gravée, avec postages en zinc.

Flûte 8
C-f’ en sapin, ouverts, avec entailles de timbre et glissières d’accord. Bouches droites et freins en métal.

Violoncelle 8
C-f’ en étain, avec entailles de timbre et bavettes. C-H avec écussons rapportés en plein cintre. Marques “Violoncelle 8”. Bouches droites.

Flûte douce 4
C-f’ en sapin, ouverts, avec languettes d’accord en métal. Bouches arquées. C-H avec pieds plus hauts, pour dégager les bouches de la Flûte 8.

Bombarde 16
C-H avec pavillons en sapin peint, pointes en chêne montées dans une gaine en laiton, pieds en étoffe et noyaux anglais en plomb. c-f’ avec pavillons en étain, sans entailles de timbre, noyaux anglais, rigoles Bertounèche, rasettes et rigoles d’origine.

Trompette 8
C-f’ avec pavillons en étain, sans entailles de timbre. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, rasettes et rigoles d’origine. C poinçonné “TROMPETTE PÉDALE 8 P. 30 N. C”, tuyaux suivants poinçonnés “TP”. Beaucoup de languettes ont été lestées de peau, pour assombrir le timbre. Pieds un peu oxydés.

Clairon 4
Jeu déposé sur la tribune avant la restauration, à droite de l’orgue. Le faux-sommier est cassé pour les notes Gs, A et B. Six tuyaux ont disparu. C-f’ avec pavillons en étain, sans entailles de timbre. Noyaux anglais. Rigoles Bertounèche, rasettes et rigoles d’origine. C poinçonné “CLAIRON PÉDALE 4 P. 30 N. C”, tuyaux suivants “CP”. Pavillons recoupés ou manquants.

Les tuyaux en métal ont été dépoussiérés et lessivés pour enlever la poussière grasse qui restait encore dans les lumières. Ils ont été débosselés. Les entailles de timbre ont été restaurées pour garantir leur étanchéité. Aux tuyaux bouchés, la garniture des calottes a été vérifiée et remplacée si nécessaire (conservation des papiers anciens sur certains jeux, notamment au G.O.). A certains tuyaux, notamment dans la Flûte harmonique et la Flûte octaviante du récit, les oreilles en plomb fortement oxydées ont été remplacées.

Les tuyaux de façade ont été nettoyés, lessivés, redressés au mandrin et polis au blanc d’Espagne. Les pieds endommagés ont été renforcés, en les découpant et en remplaçant les pointes, voire en les doublant par un manchon en étain. Les bouches des tuyaux C et Cs de la Montre 16 ont été renforcées par des plaquettes latérales rapportées.

Les tuyaux de bois ont été nettoyés à l’aspirateur et à l’éponge humide, ils ont fait l’objet d’un traitement préventif contre les vers à bois. Il n’a pas été souhaitable de les repeindre, pour garder l’apparence d’origine à l’intérieur de l’instrument. Les fentes ont été recollées à la colle chaude et recouvertes de sergé encollé ou de bandes de peau. Les tampons des tuyaux bouchés ont été vérifiés et repeaussées lorsque nécessaire. Les glissières d’accord des tuyaux ouverts ont été nettoyés et les vis remplacées si nécessaire.
Les garnitures des tuyaux bouchés ont été remplacées partiellement. En effet, devant la difficulté de trouver du papier identique au papier d’origine, nous avons opté pour la réutilisation du papier ancien dans certains jeux (notamment ceux du G.O.) et le remplacement par un papier bleu neuf, de couleur approchante mains un peu plus épais dans d’autres jeux. Cette disposition présente l’avantage de laisser en place des éléments d’origine qui pouvait être encore réutilisés (même si le papier d’étanchéité des calottes est vraiment un des éléments « consommables » de l’orgue) , et de conserver une certaine homogénéité à l’intérieur de chaque jeu.

Aux jeux d’anches, un travail important a été fait sur les noyaux, dont beaucoup étaient fortement oxydés, même si cette attaque est plus ou moins importante suivant les jeux. Il a été finalement nécessaire de remplacer tous les noyaux en copie (sauf Bombarde 16 de pédale). Pour cela, nous avons d’abord coupé les corps au raz du noyau oxydé, puis rallongé ce corps coupé sur 5 mm environ pour ne pas raccourcir la partie sonore du pavillon lors du montage sur le nouveau noyau et conserver ainsi toutes les caractéristiques de l’harmonie. Les pieds déformés ont été remis sur le mandrin, voire ressoudés. Les tuyaux disparus ont été refaits en copie. Les entailles de timbre ressoudées des Bassons ont été laissées en l’état.

Diapason, harmonie

Le diapason est à 435 Hz à 15 °c. Les travaux d’harmonie ont essentiellement consisté en une égalisation des jeux sans chercher à aller plus loin que le facteur d’origine . Nous avons eu un peu plus de travail dans les jeux aigus qui avaient été refermés (pieds et hauts des corps) suite à l’augmentation de la pression haute et dans les anches pour les même raisons.

Les critères de fabrication, les hauteurs de bouche, les épaisseurs remarquables du métal dans les lèvres rapportées ou non rendent plus difficile un éventuel changement d’harmonie qu’un respect
de l’harmonie existante et d’origine.

Cet orgue sonne donc magnifiquement et certainement comme il chantait lorsqu’il a été livré en 1881. La pression retrouvée donne des aigus moins forcés et des anches tout aussi présentes qu’avant la restauration.
La richesse des timbres et la beauté de l’ensemble en font un instrument remarquable.



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