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1881 : l’inauguration
De 1881 à 2004
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Dalstein & Hærpfer
Un patrimoine impressionnant

Composition

L’été de l’Orgue 2014

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La soufflerie

L’alimentation en vent est restée dans l’état où elle avait été conçue et réalisée par Dalstein-Hærpfer, mais les pressions peuvent avoir été modifiées, comme en témoigne un certain désordre dans les poids des soufflets primaires.

L’alimentation primaire se compose de quatre grands réservoirs à deux plis compensés, répartis et superposés deux par deux sur les côtés du soubassement ; ils sont confectionnés en sapin, avec des parallélismes en fer peint en noir.

- 1 réservoir inférieur de gauche, de 2350 mm de large sur 1500 mm de profondeur. Ce réservoir comportait deux pompes à l’origine, mais celle de l’arrière a été supprimée et l’autre a été bloquée lorsque le ventilateur électrique a été relié à ce soufflet ; les deux pédales ont disparu. La table supérieure est chargée de 20 lingots de fonte (212 mm sur 151 mm), d’un lingot plus allongé, de 4 petits morceaux de fonte et de 7 briques.

- 1 réservoir supérieur de gauche, de 2350 mm de large sur 1500 mm de profondeur, relié au précédent par un gosier articulé à 6 plis rentrants. Il est chargé de 15 lingots de fonte, 1 lingot de fonte plus allongé et 5 briques.

- 1 réservoir inférieur de droite, de 2350 mm de large sur 1500 mm de profondeur. Il a conservé ses deux pompes, actionnées par deux pédales, à droite du soubassement. Il est chargé de 15 lingots de fonte et de 31 briques.

- 1 réservoir supérieur de droite, de 2350 mm de large sur 1500 mm de profondeur, relié au précédent par un gosier articulé à 6 plis rentrants. Il est chargé de 14 lingots de fonte, 2 lingots plus allongés et 3 briques.

Ces quatre réservoirs sont couplés deux par deux, les deux réservoirs inférieurs fournissant la pression forte et les deux réservoirs supérieurs fournissant la pression moyenne. A la pression forte sont alimentés la machine Barker, les quatre sommiers des jeux de combinaisons ainsi que le sommier des grands jeux de fonds de la pédale (Contrebasse 16 et Quinte 10 2/3). A la pression moyenne sont reliés les autres sommiers de jeux de fonds.

Trois soufflets régulateurs, servant d’anti-secousses, complètent les réservoirs primaires. Il s’agit de petits réservoirs à un pli rentrant, dont la table supérieure est chargée par des ressorts à boudins et non par des poids :

- 1 réservoir à gauche, à droite en hauteur du réservoir primaire supérieur de gauche, de 1155 mm de profondeur sur 645 mm de largeur, avec six ressorts, relié au porte-vent de la pression moyenne.

- 1 réservoir à droite, à gauche en hauteur du réservoir primaire supérieur de droite, de 1155 mm de profondeur sur 650 mm de largeur, avec dix ressorts, relié au porte-vent de la pression forte.

- 1 réservoir sous le sommier du récit, au centre de l’instrument, de 1455 mm de largeur sur 640 mm de profondeur, relié au porte-vent des fonds du récit.

Hormis les pompes de la moitié de droite, qui ne suffisaient plus à faire monter les tables des réservoirs de ce côté, l’orgue était alimenté par un ventilateur électrique assez récent, posé vers 1990 par François Delangue. Il s’agit d’un grand ventilateur de Laukhuff, de 85 m2 par minute, développant une pression nominale de 200 mm. Placé à l’emplacement des pédales des pompes de gauche, dans une armoire insonorisée confectionnée pour le premier ventilateur électrique au début du XXe siècle, cette turbine alimentait le réservoir inférieur de gauche, sous la table inférieure, à l’emplacement de la pompe arrière supprimée. La suppression des pompes de gauche est donc le fait de Dalstein-Hærpfer, qui a renoncé à l’alimentation par des souffleurs à une époque où les pannes d’électricité étaient encore nombreuses.

Tous les porte-vents de l’instrument sont en sapin, recouvert de la même peinture brune que les tuyaux de bois et les boîtes expressives. Les postages sont en plomb. Certains étaient oxydés à l’intérieur et plusieurs étaient rompus.

Le trémolo est d’origine, posé sur le canal des jeux de fonds du récit.

D’une manière générale, le but à atteindre dans ce chapitre est celui du rétablissement d’une étanchéité optimale de tous les éléments de l’alimentation en vent, de manière à garantir un silence d’utilisation indispensable pour mettre en valeur les nuances les plus douces des jeux de fonds.

Il n’est pas apparu nécessaire de remettre en peau les quatre réservoirs primaires, ce qui n’aurait pu se faire qu’en les déposant et aurait imposé de démonter l’ensemble de la charpente et du buffet. La peau est encore en bon état et ne peluche pas. Ces réservoirs ont été restaurés sur place, de manière à leur rendre une étanchéité parfaite. Les poids placés sur les tables (lingots de fonte et briques) ont été reclassés en fonction de la recherche des pressions d’origine.

Les deux gosiers articulés ont été entièrement remis en peau et en papier en atelier. Les parallélismes en fer ont été désoxydés et repeints en noir.

Il n’était pas prévu de rétablir la pompe qui a disparu, car il n’y avait pas d’autre entrée possible pour le
porte-vent du ventilateur électrique sous ce réservoir primaire, à moins d’alimenter l’orgue en aval des réservoirs de vent fort, ce qui n’est pas souhaitable.
Comme dans beaucoup de grands instruments du XIXe siècle alimentés à l’origine par deux souffleurs et conçus en deux côtés distincts, l’orgue est maintenant idéalement alimenté deux ventilateurs séparés.
En effet, il était demandé de poser un second ventilateur électrique, alimentant le réservoir inférieur de droite. Il a été placé sur la tribune latérale de droite, avec un porte-vent qui devait traverser la paroi de plâtre qui séparait la partie centrale de la tribune de la partie latérale (cette paroi de plâtre a été finalement détruite et remplacée par une paroi de bois comme pour le côté dièse) . Le circuit du porte-vent neuf a été conçu pour laisser en place les pompes d’origine qui peuvent toujours être actionnées.

La régulation existante a d’abord été révisée et une nouvelle boîte à rideau a été mise en place pour le ventilateur de droite. Après l’apparition de houppements lors des travaux d’harmonie, nous avons décidé de supprimer aussi la soupape d’admission côté dièse et de la remplacer par une boîte à rideau neuve. Nous avons pu ainsi modifier le circuit d’alimentation du soufflet primaire qui empêchait la mise en place des panneaux de protection car il débordait légèrement sur le couloir de passage.
Les trois réservoirs de régulation ont déposés et restaurés en atelier, de même que le trémolo du récit. (le grand réservoir du Récit a finalement entièrement été repeaussé)

Les porte-vents ont été démontés et leur étanchéité vérifiée et corrigée, mais sans les repeindre à l’extérieur.

Tous les postages ont été démontés et vérifiés. Ceux qui étaient trop oxydés à l’intérieur ont été remplacés en copie.

Le repeaussage des grands réservoirs a donc été partiel et entièrement sur place. Les anti secousses ont aussi été partiellement repeaussés. Le réservoir secondaire du Récit a été entièrement peaussé à neuf.
Les deux moteurs placés sont de puissances équivalentes ; ils débitent tous les deux 21 m3/mn à 140 mm de pression. C’est effectivement un choix qui s’avère judicieux puisqu’on constate maintenant que lorsque l’instrument est utilisé sur le tutti, c’est bien le réservoir côté do qui se vide le plus (à moitié de sa réserve environ), ce qui explique que l’orgue pouvait ponctuellement manquer de vent lorsqu’il n’était alimenté que par un seul moteur placé côté dièse.

Dans un premier temps, nous n’avons remis en place que les briques de fonte, en conservant la même pression basse que celle trouvée au démontage (93 mm CE) le reste placé sur les réservoirs du bas donnait donc une haute pression de 113 mm. Ces pressions semblent tout à fait cohérentes et la plénitude qui se dégage de l’ensemble harmonique prouve que nous sommes prêt de la vérité historique.
Mais la Barker est de taille insuffisante pour tirer les accouplements à cette pression, ce qui a certainement entraîné la mise en place des briques sur le réservoir Haute pression à une époque indéterminée. Cette augmentation de pression n’était pas trop audible sur les jeux d’anche, par contre, elle rendait les jeux aigus (2’, cornet et plein jeu) beaucoup plus agressifs et l’augmentation du diapason avec la pression explique aisément les fraisages excessifs de tous les aigus trouvés au démontage.
Nous avons d’abord consacré beaucoup de temps à chercher les réglages optimaux pour obtenir un toucher précis permettant de jouer l’ensemble de l’orgue sans que l’oreille ne perçoive les absences des tuyaux que la machine n’arrivait plus à alimenter. puis, en accord avec le maître d’œuvre et l’organiste titulaire, nous avons alimenté la machine Barker à la pression des moteurs de façon à assurer un tirage correct de cette mécanique quel que soit les mélanges utilisés et la force d’enfoncement de la touche.



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