Introduction
Le premier orgue
Le projet
La commande
La construction
1881 : l’inauguration
De 1881 à 2004
Sources

Introduction
Le buffet
Les sommiers
Les transmissions
La console
La tuyauterie
La soufflerie
Présentation générale

Dalstein & Hærpfer
Un patrimoine impressionnant

Composition

L’été de l’Orgue 2014

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Présentation générale

Cette restauration n’apportant pas de changement dans la structure de l’orgue, je remets dans mon
rapport la description du CCTP et les compte rendus des visites de chantier qui expliquent bien les
questions qui se sont posées lors des travaux et les réponses qui ont été apportées.

L’orgue sera ainsi restauré dans le seul état qu’il ait connu, celui de 1881. Les deux ajouts de Jacquot, celui de l’accouplement III/II et de la tirasse III/P, seront néanmoins conservés, pour les raisons suivantes :
– ils ont été réalisés dans une technologie semblable à celle de l’orgue d’origine, de manière très soignée, sans altérer le
matériel ancien ;
– ils fonctionnent bien, avec un bon degré de fiabilité ;
– ils peuvent rendre de grands services dans la musique qui a été composée pour ce type d’instruments ;
– les fonctionnalités d’origine qu’ils ont évincées (accouplement général et orage) sont d’un intérêt moindre sur le plan
musical.

Démontage

Le démontage prévu n’ a été que partiel. La tuyauterie a entièrement déposée, y compris les grands tuyaux de
bois et les grands tuyaux de la façade. Dans la mesure où il n’y a pas beaucoup de place sur les deux tribunes latérales et
encore moins dans l’un des bas-côtés de l’église, la tuyauterie sera entièrement transportée en atelier pour y être
restaurée. De même, toute la mécanique sera entièrement démontée, tant pour les notes que pour les jeux. La console
indépendante et la machine Barker seront transportées en atelier. Il en ira de même pour les petits soufflets régulateurs.
Ne resteront en place que les éléments suivants :
– les sommiers, à moins qu’une décision contraire ne soit prise (cf. sous 4.3.4.) ;
– les quatre réservoirs primaires ;
– le circuit des portevents ;
– la façade du buffet ;
– la charpente intérieure.

Les deux boîtes expressives ne seront démontés que si cela s’avère indispensable pour la dépose des sommiers.

Un palan électrique sera mis en place pour la descente de toutes les pièces lourdes.
Durant la période de restauration de l’instrument en atelier, les enduits de la voûte et du mur arrière seront repris par la Ville de Nancy pour éviter toute nouvelle chute de plâtras ou de poussière blanche dans les tuyaux. En prévision de ces travaux, le facteur devra protéger par des polyanes les sommiers et les réservoirs restés en place.
En fait, il n’est resté sur place que le buffet, la charpente intérieure et les quatre réservoirs.

Étude

Durant toutes les phases de la restauration, une attention particulière sera accordée à l’étude de l’instrument, de
manière à ce que toutes les décisions soient prises en s’appuyant sur la connaissance la plus précise possible de
l’instrument et de la manière propre de Dalstein-Hærpfer vers 1875-1890.
Un soin minutieux sera accordé à l’étude de la tuyauterie ancienne. Tous les tuyaux en métal seront nettoyés,
lavés à l’eau claire, débosselés et repassés sur le mandrin. Les tuyaux de bois seront également nettoyés à l’éponge
humide. Les paramètres des tuyaux seront relevés. On relèvera au moins deux tuyaux par octave, plus tous les tuyaux
aux changements de matériaux et de construction (tuyaux en bois/tuyaux en métal, tuyaux à cheminée/ tuyaux ouverts,
etc.). Les paramètres à relever pour les tuyaux à bouches sont au moins les suivants : diamètre extérieur, diamètre
intérieur, circonférence, épaisseur du métal, longueur du corps, longueur du pied, ouverture du pied, largeur de bouche,
hauteur(s) de bouche, dimensions des oreilles, relevé des inscriptions poinçonnés et gravées, nombre de dents,
paramètres de l’entaille de timbre, présence de freins, etc. Pour les jeux d’anches, il y aura au moins le diamètre du
pavillon en haut et en bas, la longueur du résonateur, la longueur totale, l’épaisseur du métal, la hauteur du pied,
l’ouverture du pied, le diamètre et la hauteur du noyau, la longueur de la rigole, sa saillie, ses diamètres intérieurs et
extérieurs, son épaisseur, sa hauteur, l’épaisseur de la languette, les inscriptions, etc. En fonction de ses marques à la
pointe sèche et de sa taille, chaque tuyau sera reclassé dans son jeu d’origine.

Remontage

Dans la mesure où le démontage de l’instrument n’a été que partiel, il n’est pas question de prévoir un
remontage en atelier et le remontage se fera directement dans l’église, en profitant de l’échafaudage mis en place pour
la restauration du buffet.
Après la remise en place des sommiers, de la machine Barker, de la console et des différents éléments de la
mécanique, une période importante sera consacrée aux réglages mécaniques, avant de remettre les tuyaux en place. Le
réglage individuel de chaque piston se fera au moyen d’un petit tuyau, pour faire la chasse aux cornements et
pleurements. Ce n’est qu’ensuite que la tuyauterie sera remise sur les sommiers. Le rodage de la mécanique se fera
pendant la période d’harmonie.
En fait, le réglage des pistons a été refait plusieurs fois :
D’abord en atelier où les hauteurs de réglages ont été relevées et restituées (cf feuille de
méthodologie des restauration des sommiers)
Puis au début de remontage au moment de la mise en place de la mécanique.
Enfin, après avoir placé tous les jeux pour bien régler le décollement progressif

Harmonie et accord

L’harmonie actuelle semble très proche de celle d’origine mais un travail de recherche sera tout de même
entrepris sur les pressions et sur le diapason d’origine, en s’appuyant sur les tuyaux coupés au ton, les grands tuyaux
ouverts en bois et les jeux d’anches. Les corrections d’harmonie seront très prudentes et se limiteront à l’égalisation,
dans le respect des timbres existants. Il doit être clair pour l’harmoniste que dans cet orgue il n’y a rien à améliorer et
que les corrections éventuelles ne pourront être que ponctuelles et décidées d’un commun accord entre toutes les parties
lors des réunions de chantier. Le tempérament sera bien entendu égal.
Le diapason est bien à 435 Hz à 15 °c
Les travaux d’harmonie ont essentiellement consisté en une égalisation des jeux sans chercher à
aller plus loin que le facteur d’origine . Nous avons eu un peu plus de travail dans les jeux aigus qui
avaient été refermés (pieds et hauts des corps) suite à l’augmentation de la pression haute et dans les
anches pour les même raisons.
Les critères de fabrication, les hauteurs de bouche, les épaisseurs remarquables du métal dans les
lèvres rapportées ou non rendent plus difficile un éventuel changement d’harmonie qu’un respect
de l’harmonie existante et d’origine.
Cet orgue sonne donc magnifiquement et certainement comme il chantait lorsqu’il a été livré en
1881. La pression retrouvée donne des aigus moins forcés et des anches tout aussi présentes
qu’avant la restauration.
La richesse des timbres et la beauté de l’ensemble en font un instrument remarquable.

Remerciements

Toutes les restaurations d’orgue résultent d’un travail d’équipe. Qu’il nous soit donc permis de
remercier ici tous nos collaborateurs qui ont participé à cette belle aventure qui nous a demandé
quelques 11 300 heures de travail :
Mesdames Grazyna Pawlikowski et Julie Bellina, messieurs
Thomas Bape, Julien Bergeron, Jean Claude Brion, Pascal Germain, Antoine Maisonave, Jean-
Louis Pfeiffer et Jean Philippe Werquet.
Jean-Baptiste Gaupillat et Laurent Plet



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